Il étudie la gravure puis la peinture à L'Ecole
des Arts Graphiques de Paris. Son travail lui vaut de nombreuses
récompenses : Prix Eugène Carrière,
Prix Wildenstein de l'Académie des Beaux Arts, médaille
d'Or à la Biennale de Florence.
"Michel Ciry, dans ce siècle de spécialisation,
réussit à sexprimer par la gravure,
le dessin, la composition musicale, lécriture
et la peinture.
Adolescent, la gravure fut son premier mode dexpression.
Qualifié denfant prodige par son « illustre
aîné » Dunoyer de Segonzac, il est devenu
lun des plus grands du XXe siècle en cette
discipline particulièrement ardue. En 1938, le hasard
(selon lui, la Providence) le fit rencontrer Nadia Boulanger
dont il devint lélève. Avec ce maître
prestigieux, il apprit son métier de compositeur
et ce fut entre cette année-là et 1959 quil
écrivit la totalité de son uvre musicale
(6 symphonies sacrées, un concerto pour piano, instruments
à vent et percussions, des pièces pour orchestre,
des ballades et préludes pour piano, de nombreux
recueils de mélodies, un quatuor à cordes).
À ce titre, il fut lauréat du Concours international
reine Élisabeth de Belgique en 1953.
Depuis 1942, Michel Ciry tient son Journal dont 32 tomes
sont aujourdhui publiés. Cest une somme
littéraire en laquelle il sexprime en toute
indépendance desprit sur maints sujets, quil
sagisse de ses impressions de voyages, de ses jugements
sur lart et sur ses contemporains, de ses commentaires
sur des évènements de toutes sortes (quil
participe ou en soit le témoin). Ne craignant pas
dêtre sévère et réprobateur,
il sait aussi se révéler sensible, porté
à la louange quand il y a lieu dadmirer. Ce
journal, disait Michel Droit, est aussi important que son
uvre de graveur ou de peintre dont il est indissociable.
Cest aussi en 1942 que Michel Ciry commence à
peindre, à cette époque essentiellement des
natures mortes et des paysages. Insatisfait, il les détruira
et ce ne sera quune dizaine dannées plus
tard quil se remettra à la peinture, mais alors
en sinspirant de thèmes presque exclusivement
religieux (particulièrement puisés dans le
Nouveau Testament). Il souhaite, écrit-il dans son
journal, que son art soit missionnaire.
Ses toiles, quil réalise en atelier pour
une meilleure concentration, sont le fruit dune activité
très régulière, cela au sein de la
recherche constante dune perfection quil sait
être insaisissable. Ses personnages, graves le plus
souvent et ne faisant rien pour plaire, ne peuvent laisser
indifférent. Dans une quasi absence de décor,
ils vivent intensément, au-delà du pittoresque.
Les regards auront joué un grand rôle en cette
uvre dune singularité très pensée.
Les mains également, de par une éloquence
digitale qui en dit autant que les traits dun visage.
Tout cela se trouvant être dune sobriété
propice à la grandeur dont il convient davoir
un incessant souci."
Paul Munch