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SOMMAIRE

RAPIN Maurice
né(e) en 1924 à
décédé(e) en 2000 à

Biographie :

Maurice Rapin fut toujours un être brillant et chaleureux. Il fit des études de mathématiques d'un très haut niveau ; fut très jeune licencié es Sciences. Il entra au Laboratoire d'anatomie et d'histologie comparée de la Sorbonne. Sa thèse soutenue avec succès concernait " le métabolisme des porphyrines observé au moyen du microscope à fluorescence " ! Tout au long de sa carrière, il fut un professeur très apprécié de ses élèves. Même dévoreuse de temps, cette carrière ne le détourna jamais d'une autre passion encore plus dévorante, la peinture.

Dès l'enfance, Maurice Rapin se passionna pour les images. Très jeune encore, il devint proche des Surréalistes, exposa à la galerie " A l'Etoile scellée ", publia des textes théoriques dans " Médium, Informations surréalistes ". Au fil des années, il développa une œuvre picturale originale, basée sur une rigueur toute mathématique, et néanmoins chaleureuse, vivante et colorée. Il fut un amateur de musique très doué.

En 1954, il épousa Mirabelle Dors, émigrée roumaine ; et désormais, leurs deux destins furent liés dans une recherche artistique à la fois personnelle et commune : l'une de leurs premières manifestations de rébellion fut leur rupture avec les Surréalistes car ceux-ci défendaient une figuration qui ne leur convenait pas ; et leur rapprochement de Magritte dont ils furent, pendant deux décennies, les amis fidèles. Ils commencèrent également une correspondance qui dura pendant des années avec Alfred Courmes, Clovis Trouille, etc. En 1977, ils publièrent " Trompe-L'œil provoqué " ; en 1978, " Peindre comme on dessine et dessiner comme on écrit ". Des centaines de publications suivirent : " Figuration numérique " ; " Populaire surréaliste " ; " Idées au logis " ; " Futuritions " ; " Aporismes ", etc.

Ayant sans ambiguïté pris leurs distances pour parvenir à une marginalisation libératoire, ils se lancèrent dans des inventions picturales et littéraires très originales. Artistes d'un talent et d'une imagination toujours en éveil, ils renoncèrent à des carrières qui s'annonçaient brillantes, et se tournèrent vers les autres. Délaissant définitivement les voies officielles, ils décidèrent de donner la parole au plus grand nombre d'artistes. Pour ce faire, ils créèrent à Paris des " collectifs ", (au Dolmen, restaurant de la gare Montparnasse, au Ranelagh, etc.). Désormais, la houle ne se calma plus. Mirabelle Dors devint la première femme Présidente de la Jeune Peinture (celle du début), dont elle démissionna pour échapper à l'ambiance non constructive qui y régnait. Elle créa en 1978 FIGURATION CRITIQUE dont, jusqu'en 1994, elle fut Présidente et Maurice Rapin Secrétaire général et Trésorier. Désintéressés, Maurice Rapin et Mirabelle Dors le furent toujours, dépensant sans compter leur argent personnel lorsque les cotisations qu'ils voulaient des plus modiques, ne payaient pas le catalogue et les frais du Salon. Animateurs intelligents, soucieux de donner à ce salon une envergure internationale, ils accompagnèrent leur manifestation annuelle de catalogues qui portèrent témoignage de leur esprit contestataire et de leur militantisme à la fois politique (en particulier à l'égard du Ministère de la Culture stérilisateur et élitiste) et pictural.

 

"C'est dans ce contexte qu'il faut situer le rapprochement entre les deux hommes, Trouille et Rapin refusant alors de suivre André Breton et quelques-uns de ses proches dans la reconnaissance de la peinture abstraite et notamment du " tachisme ", qui modifia un temps, au début des années cinquante, le paysage de la peinture surréaliste. Contre ce qu'il qualifiait de défiance, Maurice Rapin réaffirma la valeur de la figuration dans son aspect subversif et critique, tenant l'œuvre de Clovis Trouille, comme celle d'Alfred Courmes d'ailleurs, deux peintres trop peu connus encore, ou celle de René Magritte avec qui Maurice Rapin échangea de 1955 à 1958 une longue correspondance, comme exemplaires. "
Xavier Canonne, extrait de l'avant-propos


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